La Moza — Trace écrite song lyrics and translation
The page contains the lyrics and English translation of the song "Trace écrite" by La Moza.
Lyrics
J’suis pas bourré d’barbituriques, j’espère bien qu'ça durera
Je continue de raturer quelques bouts d’rage au bas d’une page
Tu t’demandes pourquoi tu rames, demande-toi dans quoi tu nages
Explorer les marécages de ses songes, au fond c’n’est pas plus mal
Je mène ma barque dans c’t’océan poisseux, ne vois-tu pas?
Harcelé par les voix du large, guidé par l'éclat du phare
Le paradoxe me pousse à la flotte, j’n’ai aucun tuba
J’suis vidé par le temps qui passe, irrité par leurs canulars
Les données sont truquées, pour sourire j’suis pas trop d’humeur
Tu veux parler d’trucs gais? Tu t’es trompé d’interlocuteur
J’ai l’air préoccupé car le non-sens m'électrocute
J’vois beaucoup d’faux mais très peu d’vrai donc dans c’couplet j’n’ai qu’des
mots bruts
Une fois d’plus Nemo lutte, comprends-tu l’image de ma plume?
J’embarque sur un bateau-mouche pour décrocher des poissons lune
Je lève l’ancre, largue les amarres, c’est moi qui mène la barque
Lorsque l’espoir se barre je reste droit, j’veux pas qu’on m’prenne ma part
Ma part de rêve, mon évasion, mon feu d’détresse
Rapper des beats, écouter la tempête, ressens-tu le fracas de ces rimes qui se
pressent?
J’voudrais rire et m’tirer, j’vois qu’l’amour est si rare
Et je n’peux qu’respirer un air que j’trouve irrespirable
J’divague dans mes pensées, ça m’rend très vite irritable
Vivre se résumerait à diriger un engin non dirigeable
Mes phrases se bousculent, toutes plus connes les unes que les autres
J’m’efforce de m’botter l’cul sans effacer l'écume de mes fautes
Faut qu’j’avance même à petits pas, t’entends pas mon coeur qui bat?
Quand j’rappe c’est mon âme qui parle, elle me dit les mots «N'abdique pas»
J’ai décidé d'écouter ses précieux conseils
Ma philosophie c’est celle de ceux qui s’battent et qui s’entêtent
Promis, j’arrête d’essayer d’trouver des raisons à tout
Mais j’y peux rien, je vis trop fort, c’est mon défaut, c’est mon atout
J’ai beaucoup combattu sans m’accomplir, c’est con à dire
Incompatible avec ce monde, j’dois m’concentrer sur mon avenir
Mon avenir c’est ce point flou sur la ligne d’horizon
Je le distingue à travers un brouillard épais de décisions
J’ai précisé ma position, fixé mes bouées d’sauvetage
J’me suis débattu, j’ai compris c’que m’aurait coûté l’naufrage
Mon équipage est indispensable, j’n’oublierai pas, j’vous l’jure
Que sans l’soutien d’ceux qui m’aiment, j’aurais chaviré à coup sûr
J’ai galéré dans les études, et maintenant je n’regrette rien
Loin d'être arrivé, mon ami, j’crée la rime comme elle me vient
Mélange de travail et d’chance, j’ai fait bac, DEUG, licence
Mon fil rouge reste le rap, au fond j’m’en tape de c’qu’ils pensent
Plus je recherche ma rigueur et plus j’ressens c’malaise immense
J’reste dur avec moi-même, pour ça j’ne manque pas d’exigence
Faire un choix: l'école ou le son, j’me vois toucher le fond
Petit privilégié qu’j'étais, j’n’avais pas l’droit d’jouer le con
J’m’accroche dans leur enseignement, y a forcément du bon à prendre
Restons patients, les salles de concert et les studios vont attendre
Alors j’me casse les couilles, je classe mes cours pour suivre leur parcours
J’me sens mal dans c’cadre et j’y suis bloqué huit heures par jour
J’n’avais qu'à serrer les dents pour ne pas péter les plombs
Moza va crever l'écran, c’est c’que j’me répétais mais bon
J’les ai détestés ces cons mais j’dirais pas qu’c'était le bagne
Pourtant j’ai passé des partiels jusqu'à m’en faire péter le crâne
J’ai manqué d’air, envie d’gerber sur c’milieu universitaire
J’ai pris c’diplôme, à moi d’jouer, j’suis pas d’ton univers, cimer
Et puis j’me suis construit là-dedans, tout ça n’est pas qu’une parenthèse
Je déclare en vers être heureux de rendre mes parents fiers
Matériellement autonome, et non j’vais pas oublier l’rap
J’vais engranger les connaissances afin de n’jamais virer d’cap
Dans la main droite, une vie d’adulte, et dans la gauche, un cahier d’rimes
On jongle avec l’estime de soi et on essaie d’empailler l’spleen
Parfois envie d’crier qu’mon drame c’est d’vivre, qu’autour de moi c’est l’vide
J’veux embrasser l’rythme, éclater l’beat, histoire d’laisser une trace écrite
J’veux traverser les mers sans qu’on m’prenne pour un messie
J’suis toujours autant décidé à réciter ma vraie vie
J’ai dérivé, j’ai souvent fait rimer déprime et solitude
J’me suis retrouvé à quelques encablures d’la folie pure
J’ai médité mes vérités dans un dédale sans trop d’issues
J’ai vérifié qu’la douleur pouvait s’infiltrer dans nos fissures
J’colmate mes brèches, j’m’acharne
Avant d'être habité par la pulsation cardiaque du cadavre
Car ici on souffre, on kiffe, on doute, on crise, on bouffe, on pisse
On prend des claques, on perd et à chaque fois on rejoue son titre
Les années vont vite, on s’cramponne en choisissant notre route
C’est limpide, à vingt mille lieues sous les vers, j’navigue en eaux troubles
Masqué d’un scaphandre, pas près d’vénérer votre show biz
J’ai l’blaze d’une image de synthèse qu’a fait péter les box offices
Narrateur énigmatique, mozaïste opérationnel
Parce que le fait d'être vivant maltraite mon côté rationnel
Solitaire, peu docile, peu importe mon pseudonyme
Tant qu’je joue pas l’pseudo-rappeur qui vous balance des pseudo-rimes
De quoi j’ai l’air? D’un schizophrène qui s’auto-proclame capitaine
D’un petit capricieux qui s’plaint d’planer sur un tapis d’peines
Le mal de vivre a bon dos, c’est pas pour autant qu’j’abandonne
J’reste en apnée quand j’manque sérieusement d’O2 dans ma bonbonne
Refais surface, sors la tête de l’eau pour bouffer c’monde
Quand le doute s’estompe et qu’j’essaie d’profiter de toutes les secondes
Le temps est mon ennemi, j’aimerais pouvoir en faire mon allié
C’est un adversaire contrariant, j’avance mes pions sur son damier
C’est fou j’avoue, j’dois plus viser la vitesse de la Subaru
Pas d’fumée sous ma roue, j’préfère la discrétion du sous-marin
J’ai tout à coup décidé d’assembler tous ces mots bout à bout
J’viens caresser la vie, tu sais y a pas mal d'épines sous ma main
(N-E-M-O), j’viens cracher ces mots dans l’crom'
Pour ne pas qu’ils résonnent en vain dans un vaiseau fantôme
J’en paume chacune de mes métaphores sous-marines
J’continue d’creuser, qui sait? Y a p’t-êt' un trésor sous ma rime
Lyrics translation
I'm not stuffed with barbiturates, I hope it lasts
I keep rumbling a few bits of rage at the bottom of a page
You wonder why you row, wonder what you swim in
Exploring the swamps of his dreams, at the bottom it's no worse
I'm taking my boat to the fishy ocean, don't you see?
Harassed by the voices of the sea, guided by the brightness of the lighthouse
The paradox pushes me to the fleet, I have no tuba
I am emptied by the passing time, irritated by their hoaxes
The data is rigged, to smile I'm not too in the mood
You want to talk about gay stuff? You got the wrong guy.
I seem concerned because nonsense electrocutes me
I see many fakes but very little truth so in this couplet I only have
raw words
Once again Nemo fights, do you understand the image of my pen?
I'm boarding a fly boat to pick up Moon Fish
I raise the anchor, drop the moors, I lead the boat
When hope is gone I stay straight, I don't want my share taken
My dream share, my escape, my fire of distress
Rapping beats, listening to the storm, do you feel the roar of those rhymes that are
pressing?
I would like to laugh and get away, I see that love is so rare
And I can only breathe an air that I find unbreakable
I wander in my thoughts, it makes me very quickly irritable
Living would come down to directing a non-blimp gear
My sentences are scrambling, all more familiar than each other
I strive to kick my ass without erasing the foam of my faults
I have to move even small steps, can't you hear my heart beating?
When I rap it is my soul that speaks, she tells me the words " do not abdicate»
I decided to listen to his valuable advice
My philosophy is that of those who fight and who stubbornly
I promise, I'll stop trying to find reasons for everything
But I can't help it, I live too hard, it's my fault, it's my asset
I fought a lot without accomplishing myself, that's stupid to say
Incompatible with this world, I have to focus on my future
My future is this blurry point on the horizon
I distinguish it through a thick fog of decisions
I specified my position, fixed my lifebuoys
I struggled, I understood what the shipwreck would have cost me
My crew is indispensable, I will not forget, I swear
That without the support of those who love me, I would have capsized for sure
I gallored in studies, and now I do not regret anything
Far from having arrived, my friend, I create the rhyme as it comes to me
Mix of work and luck, I did bac, DEUG, license
My red thread remains the rap, deep down I don't care what they think
The more I seek my rigor and the more I feel this immense discomfort
I stay hard with myself, for this I do not lack of requirement
Make a choice: school or sound, I see myself touching the bottom
Privileged little I was, I had no right to play the con
I cling to their teaching, there is necessarily good to take
Let's stay patient, concert halls and studios will wait
So I break my balls, I class my classes to follow their path
I feel bad in this setting and I'm stuck there eight hours a day
All I had to do was clench my teeth so I wouldn't fart.
Moza will die the screen, that's what I was repeating but good
I hated those assholes, but I wouldn't say it was the bad guy.
Yet I went through partials to get my skull farted
I ran out of air, want to gerber on this academic environment
I graduated, it's up to me to play, I'm not from your world, cimer
And then I built myself in there, it's not just a parenthesis
I declare in verse to be happy to make my parents proud
Materially autonomous, and no I will not forget about rap
I'm going to get the knowledge so I never turn a blind eye
In the right hand, an adult life, and in the left, a rhyme notebook
We juggle self-esteem and try to stuff the spleen
Sometimes I want to shout that my drama is to live, that around me is the void
I want to embrace the rhythm, burst the beat, to leave a written trace
I want to cross the seas without being thought of as a messiah
I'm still so determined to recite my real life
I have drifted, I have often rhymed depression and loneliness
I found myself a few cables away from pure madness
I meditated my truths in a maze without too many issues
I checked that the pain could seep into our cracks
I fill my gaps, I struggle
Before being inhabited by the heartbeat of the corpse
Because here we suffer, we eat, we doubt, we crisis, we eat, we piss
We take slaps, we lose and every time we replay its title
The years go fast, we cling by choosing our route
It's clear, Twenty Thousand Leagues Under the worms, I sail in troubled waters
Masked by a diving suit, not close to worshipping your show biz
I have the blaze of a synthesis image that farted the box offices
Enigmatic narrator, operational mozaist
Because being alive mistreats my rational side
Lonely, little docile, no matter my pseudonym
As long as I don't play the pseudo-rapper who gives you pseudo-rhymes
What do I look like? Of a schizophrenic who proclaims himself Captain
Of a capricious little one who complains of hovering on a carpet of Sorrows
The evil of living on a good back, it is not that I give up
I stay apnea when I seriously lack O2 in my candy
Surface again, get your head out of the water to eat C'mon
When the doubt fades and I try to enjoy every second
Time is my enemy, I wish I could make it my ally
He is a troublesome opponent, I advance my pawns on his checkerboard
It's crazy I admit, I no longer have to aim at the speed of the Subaru
No smoke under my wheel, I prefer the discretion of the submarine
I suddenly decided to put all these words together end-to-end
I come to caress life, you know there are a lot of thorns under my hand
(N-E-M-O), I come to spit these words in the crom'
So that they do not resonate in vain in a ghost vessel
I Palm each of my underwater metaphors
I keep digging, who knows? There's a treasure under my rhyme