Alain Goraguer — Le souffleur song lyrics and translation
The page contains the lyrics and English translation of the song "Le souffleur" by Alain Goraguer.
Lyrics
Dans ma guérite à mi-chemin,
Entre la cour et le jardin,
Sous mon minable projecteur,
Je suis le premier spectateur.
Je suis souffleur.
Pendant que ceux d’en haut s’agitent,
Malgré leurs rhumes et leurs bronchites,
Moi je relis pendant deux heures
Un texte que je sais par c ur
… et moi seul, d’ailleurs.
Rodrigue n’est pas si mauvais,
Mais il joue vieux, il joue français.
Quant à Chimène, elle ferait mieux
De se faire faire un gosse ou deux.
C’est pas sérieux.
Tiens si j’avais joué à la place
De Don Diègue ou de Don Gormas,
On ne se serait pas ramassé
A Epinal au Colisée.
En voilà assez.
Moi, je veux brûler les planches,
Je veux prendre ma revanche
Et crouler sous l’avalanche
Des cris et des bravos
Que j’entends dans mon dos.
Grâce à moi la troupe entière
Va enfin faire une carrière.
Elle va être la première.
Mais y a ce con de producteur
Qui n’a jamais vu mon talent d’acteur
Ça me fait mal de voir ce vieux serpent
Plus qu’au trois-quarts gâteux
Lancer: «Rodrigue, as-tu du c ur ?»
Comme il dirait: «Avez-vous l’heure ?».
Je suis souffleur
Tiens, moi j’y mets rien qu’en soufflant
Beaucoup plus d'âme, plus d'élan.
Y a même des soirs où sans malice,
Les gens des premiers rangs frémissent,
Ils crient presque bis.
Moi, je veux brûler les planches,
Je veux prendre ma revanche
Et crouler sous l’avalanche
Des cris et des bravos
Que j’entends dans mon dos.
Je vois déjà des critiques,
Des papiers dithyrambiques,
Et personne ne s’explique
Comment ce con de producteur
N’avait rien vu de mon talent d’acteur.
Remarque que Don Diègue boit
… beaucoup… et même plus que moi.
Un jour il aura quelque chose de pas joli,
Le genre cirrhose.
Qu’il se repose.
Il y a quelqu’un tout près de lui,
Quelqu’un qui l’aide et qu’il oublie,
Qui a envie de prendre l’air,
De faire le chemin à l’envers,
De voir la lumière.
Et qui va brûler les planches,
Qui va prendre sa revanche,
Et crouler sous l’avalanche
Des cris et des bravos
Que j’entends dans mon dos.
Je me vois à l’avant-scène
Devant le public que j’aime
Saluant, et je vois même
Ce pauvre con de producteur
Venir me dire qu’il attendait mon heure.
Lyrics translation
In my half-way Hut,
Between the courtyard and the garden,
Under my shabby projector,
I'm the first spectator.
I'm a blower.
While those above agitate,
Despite their colds and bronchitis,
I reread for two hours
A text I know by heart
... and me alone, by the way.
Rodrigue is not so bad,
But he plays old, he plays French.
As for Chimene, she would do better
Getting a kid or two.
It's not serious.
If I had played instead
Of Don Diègue or Don Gormas,
We wouldn't have picked up
Epinal at the Colosseum.
That's enough.
I want to burn the boards,
I want to take revenge
And crumbling under the avalanche
Screams and bravos
That I hear behind my back.
Thanks to me the whole troop
Finally go make a career.
She's going to be the first.
But there's this stupid producer
Who has never seen my acting talent
It hurts to see that old snake
More than three-quarters spoiled
Lancer: "Rodrigue, do you have a heart ?»
As he would say: "Do you have the time ?».
I'm a blower
Here, I put in just by blowing
Much more soul, more momentum.
There are even nights when without malice,
The people of the first ranks shudder,
They almost scream bis.
I want to burn the boards,
I want to take revenge
And crumbling under the avalanche
Screams and bravos
That I hear behind my back.
I already see reviews,
Dithyrambical papers,
And no one explains
How this producer asshole
Had seen nothing of my acting talent.
Note that Don Diègue drinks
... a lot ... and even more than me.
One day he will have something not pretty,
The genus cirrhosis.
Let him rest.
There's someone close to him.,
Someone who helps and forgets,
Who wants to take the air,
To make the way backwards,
To see the light.
And who will burn the boards,
Who will take revenge,
And crumbling under the avalanche
Screams and bravos
That I hear behind my back.
I see myself in the foreground
In front of the audience I love
Greeting, and I even see
That poor producer asshole
Come and tell me he was waiting for my time.